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Géolocalisation RDUE : le format GeoJSON, la règle des 4 hectares et les erreurs qui bloquent

Mis à jour : 2026-09-17 Lecture : 7 min
Géolocalisation RDUE : le format GeoJSON, la règle des 4 hectares et les erreurs qui bloquent

La géolocalisation des parcelles de production est l'exigence la plus concrète du RDUE — et celle qui fait échouer le plus de dossiers. Le règlement (UE) 2023/1115 (article 2, point 28, et article 9) impose des coordonnées en degrés décimaux avec au moins 6 décimales ; un point unique suffit pour une parcelle de 4 hectares ou moins, le polygone devient obligatoire au-delà. En pratique, ces données circulent sous forme de fichiers GeoJSON, et c'est là que les problèmes commencent : coordonnées inversées, polygones ouverts, doublons. Passons tout en revue — et si vous avez déjà un fichier sous la main, notre vérificateur GeoJSON gratuit vous dira en quelques secondes ce qui cloche.

Ce que le règlement exige exactement

Trois règles, pas une de plus : Un détail qui n'en est pas un : la règle des 4 hectares s'apprécie parcelle par parcelle. Un fournisseur qui livre depuis douze parcelles vous doit douze géolocalisations — pas un point posé sur son siège d'exploitation.

Et même quand le pays d'origine est classé à risque faible (Vietnam ou Ghana par exemple, selon le règlement d'exécution (UE) 2025/1093), la géolocalisation reste due : le classement en risque faible dispense des articles 10 et 11 (évaluation et atténuation du risque), mais pas de l'article 9. Il n'existe aucun scénario où l'on importe sans coordonnées de parcelles.

Le GeoJSON en cinq minutes

Le GeoJSON est un format texte, lisible par n'importe quel outil SIG et par le système d'information de la Commission. Ce qu'il faut en savoir quand on n'est pas géomaticien : Vous n'avez pas besoin d'écrire du GeoJSON à la main. Vous avez besoin de savoir reconnaître un fichier défectueux avant qu'il n'entre dans votre dossier de diligence — car c'est vous, opérateur, qui portez la responsabilité du contenu, pas le fournisseur qui vous l'a envoyé (voir le guide complet de la DDS).

Les cinq erreurs qui reviennent tout le temps

1. Latitude et longitude inversées

Le grand classique. Une parcelle de cacao ivoirienne autour de 6.8 de latitude et -5.3 de longitude devient, une fois les axes inversés, un point dans l'océan Indien. Le fichier est syntaxiquement parfait ; il est géographiquement absurde. Signal d'alarme simple : des parcelles censées être en Côte d'Ivoire qui n'atterrissent pas en Côte d'Ivoire. Notre vérificateur fait précisément ce contrôle de cohérence pays.

2. Pas assez de décimales

Des coordonnées tronquées à 2 ou 3 décimales — souvent parce qu'un tableur a arrondi silencieusement au passage. Le règlement exige au moins 6 décimales : un fichier arrondi est non conforme même si la parcelle est au bon endroit. Méfiez-vous des exports Excel et des copier-coller entre outils.

3. Anneaux ouverts

Le polygone dont le dernier sommet ne reboucle pas sur le premier. Certains outils tolèrent, d'autres rejettent. Dans un dossier réglementaire, on ne parie pas sur la tolérance du système en face : on ferme ses anneaux.

4. Doublons et parcelles fantômes

Le même polygone copié dix fois sous dix identifiants, des points strictement identiques pour des parcelles censées être distinctes, ou une parcelle déclarée deux fois par deux intermédiaires. Les doublons gonflent artificiellement le fichier et sèment le doute sur la fiabilité de toute la collecte : si deux parcelles sur cinquante sont identiques, qu'en est-il des quarante-huit autres ?

5. Le point posé sur une parcelle de 40 hectares

L'erreur de fond, la plus grave : utiliser un point là où le polygone est obligatoire. Une parcelle au-delà de 4 hectares représentée par un point ne respecte pas l'article 9, même avec 8 décimales. C'est aussi la plus difficile à détecter à l'œil nu — il faut calculer la surface, ce qu'un simple examen visuel du fichier ne permet pas.

Collecter la géolocalisation auprès de vos fournisseurs

C'est le chantier long. Quelques retours de terrain pour le cadrer : Demandez le bon livrable. Un fichier GeoJSON par fournisseur, une entité par parcelle, avec un identifiant de parcelle stable dans les propriétés. Pas un PDF avec des captures d'écran de carte, pas une liste de coordonnées dans le corps d'un email. Donnez la règle avec la demande. Vos fournisseurs ne connaissent pas le RDUE aussi bien que vous : joignez les trois exigences (décimaux, 6 décimales, polygone au-delà de 4 ha) à chaque demande. Vous éviterez un aller-retour sur deux. Contrôlez à réception, pas au moment du dépôt. Un fichier défectueux découvert la veille d'une expédition, c'est un container qui attend. Découvert à réception, c'est un email au fournisseur. Le contrôle prend quelques secondes avec un vérificateur en ligne — le nôtre travaille entièrement dans votre navigateur, vos fichiers ne quittent pas votre poste. Archivez ce que vous avez vérifié. Les informations de diligence raisonnée se conservent 5 ans. Un fichier daté et vérifié dans votre dossier vaut mieux qu'une pièce jointe perdue dans une boîte mail. Vérifiez d'abord que le flux est dans le périmètre. Inutile de courir après des coordonnées pour un produit sorti de l'annexe I : celle-ci a été modifiée le 17 septembre 2026 par le règlement délégué (UE) 2026/2102, dont notre récapitulatif des produits concernés détaille les retraits et les ajouts. Les contraintes de collecte diffèrent aussi selon la filière : voir café et bois. Anticipez sur le calendrier. Selon votre taille, l'échéance tombe au 30 décembre 2026 ou au 30 juin 2027 — et au 30 décembre 2026 pour tout le monde sur le bois ex-RBUE (le détail des échéances ici). La collecte de géolocalisation est le poste dont la durée dépend le moins de vous : commencez par lui.

Vérifiez votre fichier maintenant

Vous avez reçu un GeoJSON d'un fournisseur ? Passez-le au vérificateur GeoJSON gratuit : validité du format, ordre des coordonnées et cohérence avec le pays annoncé, nombre de décimales, anneaux fermés, doublons, et surtout le contrôle surface — point admis ou polygone obligatoire, parcelle par parcelle. Le tout en local, dans votre navigateur, sans envoi de données. Vous repartez avec la liste précise de ce qu'il faut corriger avant d'intégrer le fichier à votre dossier de diligence.

Questions fréquentes

Combien de décimales faut-il pour les coordonnées RDUE ?

Au moins 6 décimales, en degrés décimaux (article 2, point 28, du règlement (UE) 2023/1115). Des coordonnées arrondies à 2 ou 3 décimales — souvent par un tableur — ne sont pas conformes, même si la parcelle est correctement située.

Quand le polygone est-il obligatoire ?

Dès que la parcelle dépasse 4 hectares. Le point unique n'est admis que pour les parcelles de 4 hectares ou moins. La règle s'apprécie parcelle par parcelle : un point posé sur le siège de l'exploitation ne remplace pas la géolocalisation de chaque parcelle.

La géolocalisation est-elle exigée pour un pays à risque faible ?

Oui. Le classement en risque faible (règlement d'exécution (UE) 2025/1093 — par exemple Vietnam ou Ghana) dispense de l'évaluation et de l'atténuation du risque (articles 10 et 11), mais pas de la collecte d'informations de l'article 9, géolocalisation comprise.

Pourquoi mes coordonnées tombent-elles dans l'océan ?

Presque toujours une inversion latitude/longitude : le format GeoJSON (RFC 7946) écrit la longitude d'abord, la latitude ensuite — l'inverse de l'usage oral. Un contrôle de cohérence entre les points et le pays de production annoncé détecte cette erreur immédiatement.

Mes fichiers GeoJSON sont-ils envoyés sur un serveur lors de la vérification ?

Pas avec notre outil : le vérificateur GeoJSON fonctionne entièrement dans votre navigateur. Les fichiers de vos fournisseurs ne quittent pas votre poste, ce qui compte quand ils contiennent des données commerciales sensibles sur votre chaîne d'approvisionnement.