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Calendrier RDUE 2026-2027 : qui doit être prêt, et quand

Mis à jour : 2026-09-17 Lecture : 7 min
Calendrier RDUE 2026-2027 : qui doit être prêt, et quand

Le calendrier du RDUE a changé deux fois — et une bonne partie de ce qui circule en ligne date d'avant les reports. État des lieux au 17 septembre 2026 : le règlement (UE) 2023/1115 s'applique aux grandes et moyennes entreprises à partir du 30 décembre 2026, aux micro et petites entreprises à partir du 30 juin 2027 — sauf pour le bois déjà couvert par l'ex-RBUE, où l'échéance du 30 décembre 2026 vaut pour toutes les tailles. Voici d'où viennent ces dates, ce qu'elles impliquent selon votre profil, et ce qui se passe concrètement en douane le jour J.

D'où vient ce calendrier : deux reports successifs

Le texte initial prévoyait une application fin 2024. Deux règlements ont depuis modifié l'article 38 du RDUE : Si un document, un prestataire ou un article mentionne encore décembre 2024 ou décembre 2025 comme échéance, il est périmé. Cela reste fréquent.

Le tableau des échéances

Calendrier RDUE 2026-2027 : qui doit déposer une DDS et quand
Les quatre jalons en un coup d'œil. Si le vôtre est le 30 décembre 2026, le poste le plus long ne dépend pas de vous : la géolocalisation des parcelles, à réclamer aux fournisseurs dès maintenant. Passez chaque fichier reçu dans le vérificateur GeoJSON avant de le considérer comme bon.
ProfilDate d'applicationPoint d'attention
Grande entreprise30 décembre 2026—
Moyenne entreprise30 décembre 2026Même vague que les grandes, pas de sursis
Micro et petite entreprise30 juin 2027Sauf bois ex-RBUE
Bois et dérivés ex-RBUE, toutes tailles30 décembre 2026Aucun sursis PME
Bois produit avant le 29 juin 2023, mis sur le marché à compter du 30 décembre 2026Régime RBUE maintenu jusqu'au 31 décembre 2029Article 37, paragraphe 2, du RDUE
Lignes insérées à l'annexe I en 2026 : café soluble, langues de bovins congelées, dérivés de palmier à huile30 décembre 2027Règlement délégué (UE) 2026/2102
Deux erreurs de lecture reviennent sans cesse. Erreur n°1 : croire que « PME » égale « juin 2027 ». Le sursis au 30 juin 2027 ne concerne que les micro et petites entreprises. Une moyenne entreprise est logée à la même enseigne que les grandes : 30 décembre 2026. Avant de vous ranger dans une case, vérifiez dans quelle catégorie votre entreprise tombe réellement. L'article 38, paragraphe 3, du RDUE (tel que modifié par le règlement (UE) 2025/2650) renvoie à l'article 3, paragraphe 1 (micro-entreprises), et paragraphe 2, premier alinéa (petites entreprises), de la directive 2013/34/UE. Les seuils actuellement en vigueur, fixés par la directive déléguée (UE) 2023/2775 et applicables aux exercices ouverts à compter du 1er janvier 2024, sont : micro-entreprise, au plus 450 000 € de total de bilan, 900 000 € de chiffre d'affaires net et 10 salariés en moyenne ; petite entreprise, au plus 5 000 000 € de total de bilan (les États membres peuvent relever ce seuil jusqu'à 7 500 000 €), 10 000 000 € de chiffre d'affaires net (jusqu'à 15 000 000 € selon l'État) et 50 salariés — sans dépasser au moins deux de ces trois critères. Une entreprise moyenne (jusqu'à 25 000 000 € de bilan, 50 000 000 € de chiffre d'affaires net et 250 salariés) n'est pas visée par cette exception : elle suit le régime général du 30 décembre 2026, comme les grandes entreprises. Erreur n°2 : oublier l'exception bois. Les produits bois qui relevaient déjà du règlement bois de l'UE (RBUE/EUTR) passent au régime RDUE le 30 décembre 2026 quelle que soit la taille de l'entreprise. Un négociant bois de deux personnes n'attendra pas juin 2027. La filière fait l'objet d'un article dédié.

Ce qui devient obligatoire à votre date d'application

À compter de l'échéance qui vous concerne, plus aucune mise sur le marché, mise à disposition ou exportation de produits du périmètre (bovins, cacao, café, palmier à huile, caoutchouc, soja, bois et dérivés de l'annexe I) sans respecter le règlement. Pour l'opérateur — celui qui met le produit sur le marché en premier, typiquement l'importateur — cela signifie : Le fonctionnement détaillé est dans notre guide complet de la DDS. Les négociants en aval, eux, collectent et conservent les numéros de référence des DDS amont (article 5, paragraphe 3) — pas de déclaration propre.

Le jour J en douane : pas de numéro, pas d'entrée

La mécanique de contrôle la plus immédiate n'est pas l'amende, c'est le blocage. L'article 26 lie le passage en douane au numéro de référence de la DDS : une expédition qui se présente sans numéro valide reste à quai. Pour un importateur, le risque opérationnel — container immobilisé, client non livré, frais de stockage — précède de loin le risque de sanction.

Les sanctions existent néanmoins (article 25) : amendes dont le maximum est d'au moins 4 % du chiffre d'affaires annuel dans l'Union, confiscation des produits ou des recettes, exclusion temporaire des marchés publics, interdiction temporaire de mise sur le marché.

Compte à rebours : par quoi commencer selon votre situation

Vous êtes à l'échéance du 30 décembre 2026 (grande ou moyenne entreprise, ou n'importe quel acteur du bois ex-RBUE) : il reste quelques mois, et le poste le plus long ne dépend pas de vous — c'est la collecte de la géolocalisation des parcelles auprès de vos fournisseurs. Lancez les demandes maintenant, contrôlez les fichiers à réception avec un vérificateur GeoJSON, et traitez les fournisseurs muets comme un risque d'approvisionnement à part entière. Vous êtes micro ou petite entreprise hors bois : votre échéance est le 30 juin 2027, mais deux réalités peuvent vous rattraper avant. D'une part, vos clients soumis dès décembre 2026 vous demanderont des garanties ou des numéros de DDS avant votre propre échéance. D'autre part, si le classement de votre pays d'approvisionnement est standard (Brésil, Éthiopie, Côte d'Ivoire, Colombie, Pérou, Indonésie, selon le règlement d'exécution (UE) 2025/1093), la constitution du dossier prendra du temps. Six mois d'avance ne seront pas du luxe. Vous ne savez pas si vous êtes opérateur ou négociant : c'est la première question à trancher, avant toute considération de date — le guide DDS commence par là. Et avant de dater quoi que ce soit, vérifiez que vos produits sont bien dans le périmètre : l'annexe I a été modifiée le 17 septembre 2026 par le règlement délégué (UE) 2026/2102, dont notre récapitulatif des produits concernés détaille les retraits et les ajouts. Les deux filières les plus suivies ici ont leur page dédiée : café et bois.

Un dernier mot de prudence : le calendrier a déjà bougé deux fois, et rien ne garantit qu'il ne bougera plus. Mais construire sa préparation sur l'hypothèse d'un troisième report serait un pari, pas une stratégie.

Questions fréquentes

Quelle est la date d'application du RDUE pour les moyennes entreprises ?

Le 30 décembre 2026, comme les grandes entreprises. Le sursis au 30 juin 2027 ne bénéficie qu'aux micro et petites entreprises — c'est l'une des confusions les plus fréquentes sur le calendrier issu du règlement (UE) 2025/2650.

Pourquoi le bois n'a-t-il pas de sursis PME ?

Les produits bois déjà couverts par l'ex-règlement bois de l'UE (RBUE/EUTR) basculent au régime RDUE le 30 décembre 2026 pour toutes les tailles d'entreprises. Ces acteurs étaient déjà soumis à des obligations de diligence sous le RBUE, et le calendrier ne leur accorde pas la vague de juin 2027.

Que se passe-t-il si j'importe sans DDS après mon échéance ?

La marchandise est bloquée en douane faute de numéro de référence de DDS (article 26). S'y ajoutent les sanctions de l'article 25 : amendes au maximum d'au moins 4 % du chiffre d'affaires annuel dans l'Union, confiscation des produits ou recettes, exclusion temporaire des marchés publics, interdiction temporaire de mise sur le marché.

Le calendrier peut-il encore être reporté ?

Il a déjà été modifié deux fois (règlements (UE) 2024/3234 puis (UE) 2025/2650), et nul ne peut exclure une nouvelle évolution. En l'état du droit, les dates applicables sont le 30 décembre 2026 (grandes et moyennes entreprises, et tout le bois ex-RBUE) et le 30 juin 2027 (micro et petites). S'organiser en pariant sur un report serait risqué.

Une petite entreprise doit-elle vraiment attendre juin 2027 pour s'y mettre ?

Ce serait une erreur. Ses clients soumis dès décembre 2026 exigeront des numéros de DDS ou des données avant cette date, et la collecte de la géolocalisation auprès des fournisseurs est le poste le plus long du chantier. Commencer tôt, c'est aussi étaler l'effort.